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Le Sénégal lance sa première ferme piscicole offshore pour développer l’aquaculture.

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Le Sénégal a installé ses premières cages piscicoles offshore dans le cadre d’un projet pilote d’aquaculture.L’initiative vise à tester le potentiel commercial de la pisciculture marine.Ce projet s’inscrit dans le plan du pays visant à multiplier par plus de six sa production aquacole d’ici à 2030.

Le Sénégal a lancé son premier projet d’aquaculture offshore. Cette initiative marque une nouvelle étape dans les efforts du pays pour accroître sa production nationale de poisson et développer une industrie commerciale d’élevage marin.

Dans un communiqué publié le 27 juillet, l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) a annoncé l’installation des premières cages flottantes pour l’élevage de poissons au large de Diakhanor, dans la commune côtière de Palmarin.

Ce projet pilote, développé en partenariat avec l’entreprise sénégalaise Atlantic Mariculture, a pour objectif de renforcer les compétences locales en aquaculture offshore tout en évaluant les conditions techniques et économiques nécessaires à un déploiement à plus grande échelle.

L’initiative est en préparation depuis plusieurs mois. En avril, le directeur général de l’ANA, Samba Ka, avait annoncé l’arrivée des équipements destinés à la ferme pilote, laquelle devait comprendre deux cages flottantes de 25 mètres de diamètre. L’investissement était estimé à plus de 350 millions de francs CFA (607 000 dollars).

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), les autorités locales ont attribué une superficie de 300 hectares au projet. L’ANA estime que cette ferme marine pourrait créer environ 400 emplois directs et jusqu’à 1 000 emplois indirects si l’ensemble de la chaîne de valeur est développé.

Une nouvelle étape pour l’industrie aquacole sénégalaise

Ce projet marque une évolution importante pour le secteur aquacole sénégalais, qui s’est jusqu’à présent principalement concentré sur la pisciculture continentale pratiquée dans des étangs, des bassins et des cages flottantes installées dans les cours d’eau. En se tournant vers l’aquaculture offshore, le pays entend mieux valoriser ses ressources maritimes, diversifier sa production aquacole et ouvrir de nouvelles perspectives commerciales.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’élevage de poissons en cages offshore peut offrir une productivité élevée grâce au renouvellement continu de l’eau par les marées et les courants côtiers, à condition que les pratiques d’alimentation et la gestion des exploitations soient correctement maîtrisées.

Cette approche pourrait également permettre la production d’espèces marines à plus forte valeur ajoutée, telles que la daurade et le bar, élargissant ainsi la production au-delà des espèces d’eau douce, comme le tilapia et le poisson-chat, qui dominent actuellement l’aquaculture continentale. La forte demande en poissons marins sur les marchés régionaux et internationaux pourrait également favoriser le développement futur des exportations.

Un projet pilote au service de l’objectif de production à l’horizon 2030

La ferme offshore s’inscrit dans la stratégie plus large du Sénégal visant à accélérer le développement de son industrie aquacole. Dans le cadre du Plan stratégique national de développement de l’aquaculture 2026-2030, approuvé en mai, l’ANA ambitionne de porter la production aquacole nationale à 20 000 tonnes métriques d’ici à 2030, contre 3 049 tonnes métriques en 2025.

Pour atteindre cet objectif, l’agence prévoit de mobiliser 36,51 milliards de francs CFA (64,9 millions de dollars) d’investissements privés dans l’ensemble de la chaîne de valeur aquacole. Elle entend également assurer une production annuelle de 52 millions d’alevins et encourager le développement d’une industrie nationale de fabrication d’aliments pour poissons afin de réduire la dépendance aux importations.

Le principal défi sera désormais de transformer le projet pilote de Palmarin en une activité commerciale durable et compétitive, capable de compléter l’aquaculture traditionnelle.

À l’heure actuelle, le poisson d’élevage ne représente encore qu’une faible part de l’approvisionnement en produits halieutiques du Sénégal. Selon la FAO, les pêcheries de capture du pays produisent près de 500 000 tonnes métriques de poisson chaque année.

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