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DÉCHETS PLASTIQUES

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Le fléau qui suffoque les océans

Entre accumulation massive de déchets dans les océans et dégradation accélérée des écosystèmes côtiers, la pollution plastique s’impose comme l’une des menaces environnementales les plus urgentes. Alors que les chiffres mondiaux témoignent d’un phénomène hors de contrôle, une étude menée par le Gret montre que les villes littorales du Sénégal ne sont pas épargnées. Le pays fait face à une pollution particulièrement aiguë, qui compromet à la fois la santé, la biodiversité et le potentiel de l’économie bleue.

La pollution plastique est devenue l’un des périls environnementaux les plus graves de notre époque. On estime aujourd’hui qu’entre 75 et 199 millions de tonnes de plastiques stagnent dans les océans, un chiffre qui, chaque année, gonfle. Leur accumulation, qui dépasse largement les capacités mondiales de traitement et de recyclage, menace directement la biodiversité marine et la santé humaine.

Partout dans le monde, les conséquences s’aggravent : les baleines filtrent chaque jour des millions de particules plastiques, les oiseaux marins en ingèrent à grande échelle et les grandes plaques de déchets, comme celle du Pacifique, ne cessent de s’étendre, portées par les courants océaniques. Malgré les engagements internationaux, notamment le futur traité mondial contre la pollution plastique, les promesses tardent à se concrétiser et la production mondiale de plastique continue de croître.

Le Sénégal n’échappe pas à cette crise planétaire. Une récente étude menée par le Gret dans quatre villes littorales – Saint-Louis, Dakar, Mbour et Ziguinchor – confirme l’ampleur du phénomène. Les résultats sont sans appel : 80 % des déchets identifiés sur les sites étudiés sont des plastiques, principalement issus d’emballages alimentaires, de sachets d’eau et de produits ménagers. Le taux de recyclage reste très faible, à seulement 22 %, alors que 42 000 tonnes pourraient être valorisées chaque année. Les chercheurs soulignent que 80 % de cette pollution provient des activités terrestres, conséquence de l’explosion des emballages et du manque de systèmes de collecte efficaces.

La baie de Hann, symbole d’une dégradation accélérée

Longtemps considérée comme l’une des plus belles baies du monde, la baie de Hann est aujourd’hui l’un des points noirs de la pollution marine au Sénégal. Déchets plastiques, rejets industriels, eaux usées : la zone, située à proximité du port de Dakar, cumule les sources de pollution. Les effets sont dévastateurs : asphyxie de la faune, contamination des fonds marins, menace sur la pêche et le tourisme, exposition accrue des populations aux microplastiques.

Malgré des avancées réglementaires, comme l’interdiction des sachets d’eau plastiques, la mise en œuvre reste limitée faute de décret d’application. Les acteurs du recyclage et de la société civile sont actifs, en particulier à Dakar, mais manquent de soutien technique et financier. L’étude du Gret propose des recommandations opérationnelles ville par ville, notamment : la prévention de la prolifération des plastiques ; le renforcement des systèmes de collecte ; l’amélioration du tri et du recyclage ; l’appui aux initiatives locales et aux acteurs communautaires.

On le voit donc, la pollution plastique constitue aujourd’hui une menace majeure pour l’économie bleue au Sénégal, un secteur clé regroupant la pêche, le tourisme, les transports maritimes et les écosystèmes côtiers. Sa dégradation compromet la résilience environnementale, met en péril des milliers d’emplois et fragilise les moyens de subsistance des populations littorales.

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