Il est 7 heures à la plage de Ngor. Hommes et femmes sont en plein préparation. Les équipements sont prêts. Ils ne sont pas là pour se baigner, mais pour un objectif bien précis : participer à une séance d’aquagym.
Dans l’eau, les mouvements s’enchaînent au rythme des consignes des coachs. Étirements, exercices cardio et renforcement musculaire : chacun s’applique, dans une ambiance à la fois sportive et conviviale.
Une routine que ces participants ont intégrée à leur quotidien et qu’ils perpétuent six jours sur sept.
Vêtu d’un pantalon et d’un lacoste bleu clair, Ndiame Samb slalome entre les participants, conseillant les uns et souhaitant la bienvenue aux autres. Fort de plusieurs années d’expérience acquises en France, il coordonne les activités et veille au bon déroulement des séances.
Selon lui, « l’aquagym est un sport qui se pratique dans l’eau. C’est de la gymnastique dans l’eau. C’est un sport-santé qui a des vertus thérapeutiques. Il peut aider à soulager plusieurs pathologies, en dehors des maladies infectieuses. Lorsqu’une nouvelle personne arrive, nous analysons ses pathologies et nous adaptons l’activité à ses capacités physiques ».
Une activité adaptée à différents profils
L’aquagym, à la fois activité sportive et activité adaptée à certains besoins de santé, accueille des profils variés, de tous âges et de tous horizons, avec des objectifs différents.
« 50 % de nos participants ont des problèmes de santé. Comme on le dit au Sénégal, nous sommes tous malades. Parmi ces personnes, 50 à 60 % intègrent le programme sur recommandation d’un médecin. Les autres sont là dans une démarche de prévention », ajoute le coach en chef.
Durant les séances, les participants sont répartis en différents groupes, en fonction de leurs objectifs et de leurs besoins spécifiques. Les personnes les plus vulnérables sont encadrées par plusieurs coachs et portent des gilets de flottaison. Les autres, plus autonomes, effectuent leur routine sous la supervision d’un coach.
Cette organisation permet aux encadreurs d’adapter les exercices et l’intensité des entraînements aux capacités de chacun.
Pour certains participants, les effets de cette pratique se font déjà sentir. C’est le cas de Pierre Koulibaly, un habitué du club.
« J’avais une arthrose qui a nécessité une intervention chirurgicale et j’ai un implant. Par la suite, j’avais des difficultés à marcher. C’est ainsi qu’un coach m’a recommandé de faire de l’aquagym. Depuis trois mois, je suis constant. Il y a des résultats : mon état s’améliore, ma masse musculaire se développe bien, je dors bien et je n’ai plus beaucoup de symptômes », témoigne-t-il.
Oumou Sy fait également partie des participants qui disent avoir constaté des changements.
« J’avais des rhumatismes et je marchais difficilement. J’ai suivi des traitements et on m’a conseillé de venir ici. Je ne regrette pas. Les résultats sont visibles. Je ressemble à une fille de 18 ans ! Je marche correctement désormais », raconte-t-elle.
À l’inverse, certains participants ne viennent pas pour traiter une pathologie, mais simplement pour entretenir leur condition physique et prévenir d’éventuels problèmes de santé. C’est notamment le cas de ce pompier à la retraite, qui fréquente régulièrement le club pour rester en forme.
Une contribution pour faire fonctionner le club
Avec plus de 2 000 participants à chaque séance et plus de 3 000 adhérents, le club a également mis en place une contribution financière destinée à couvrir les frais liés à l’organisation et à la gestion des activités.
« Ce n’est pas une rémunération, mais une contribution. Nous demandons 10 000 F CFA par mois. Nous sommes une association et il faut acheter du matériel. Les frites, par exemple, coûtent 5 000 F CFA. Il y a aussi le matériel de rééducation, l’eau et le paiement des coachs, parce qu’il faut bien leur donner quelque chose, même s’ils sont bénévoles. C’est ce qui justifie les 10 000 F CFA par mois. Si on l’évalue, cela revient à environ 300 F CFA par séance », explique Ndiame Samb.
Lorsque la séance touche à sa fin, chacun regagne la plage avant de reprendre le chemin du quotidien. Mais dès le lendemain, à la même heure, le rendez-vous est déjà pris. À Ngor, l’aquagym s’est installée dans le quotidien de ces sportifs comme un rituel dont ils ne veulent plus se passer.


