À Thiaroye-sur-Mer, les fortes houles enregistrées la semaine dernière ont laissé des traces. Des pirogues ont été déplacées jusque dans les quartiers, certaines maisons ont été endommagées et plusieurs biens de pêcheurs ont été détruits. Face à l’ampleur des dégâts, les populations touchées appellent les autorités à intervenir rapidement.
Des images inhabituelles s’offrent aux habitants de Thiaroye-sur-Mer. Des pirogues qui, autrefois, longeaient paisiblement la plage se retrouvent désormais au cœur même des quartiers. En cause, les fortes houles qui ont frappé le littoral la semaine dernière.
Dans plusieurs maisons situées à proximité de la mer, les traces du passage des vagues sont encore visibles. Des fissures apparaissent sur certains murs tandis que des déchets plastiques jonchent le littoral. Pour les riverains, la situation est devenue préoccupante.
« L’avancée de la mer a détruit nos maisons. Et depuis lors, nous n’avons reçu aucune aide », déplore Mbayang Diop, une habitante dont la maison jouxte le littoral.
Du côté des pêcheurs, les dégâts sont également considérables. Babacar Fall, pêcheur d’une cinquantaine d’années, raconte les conséquences de la houle sur le matériel de pêche « La houle a détruit nos pirogues. C’est pour cette raison qu’on les a déplacées jusque dans le quartier. D’autres pirogues ont été déplacées jusqu’à Yarakh », explique-t-il.
Selon les autorités municipales, les dégâts concernent aussi bien les habitations que le matériel de pêche. L’adjointe au maire de Thiaroye-sur-Mer, Yayou Barkham Diouf, assure que des interventions ont été menées pour tenter de limiter les pertes.
« On a sauvé ce qu’on a pu comme matériel, mais ce qui restait a été fracassé par la houle. Les plus grands dégâts concernent les ménages qui ont dû quitter leurs maisons pour être hébergés ailleurs. Par ailleurs, plus de 50 pirogues ont été fracassées, ainsi que des filets de pêche », affirme-t-elle.
Face à la montée des eaux, les habitants ont tenté, avec les moyens du bord, de protéger leurs maisons. Des sacs de sable et des pierres ont été disposés le long du littoral pour tenter de freiner la puissance des vagues. Des efforts qui se sont toutefois révélés insuffisants. « On a essayé de mettre des sacs de sable devant la maison, mais cela n’a pas suffi », témoigne Mbayang Ndiaye
Au-delà des dégâts matériels, c’est donc la question de la protection durable du littoral qui se pose. Les épisodes de forte houle étant récurrents dans cette zone, les autorités locales estiment que des solutions structurelles doivent être envisagées.
La municipalité lance ainsi un appel à l’État du Sénégal, notamment au ministère des Pêches et de l’Économie maritime. Elle souhaite disposer d’un espace situé au niveau du Centre de recherches océanographiques de Thiaroye afin d’y aménager un parc piroguier.
« Nous sollicitons le ministère des Pêches et de l’Économie maritime pour qu’il veuille bien nous octroyer l’espace qui se trouve au Centre de recherches océanographiques de Thiaroye, afin d’y aménager un parc piroguier et sécuriser les pirogues, car les houles sont récurrentes », plaide Yayou Barkham Diouf.
À quelques encablures de Thiaroye-sur-Mer, la commune de Yarakh fait face à une situation similaire. Là aussi, des embarcations ont été poussées vers la côte sous l’effet de la houle, témoignant de la vulnérabilité de cette partie du littoral dakarois.
Entre habitations fragilisées, pirogues détruites et familles contraintes de quitter leurs maisons, les conséquences de la houle dépassent désormais le simple épisode météorologique. À Thiaroye-sur-Mer comme à Yarakh, les populations demandent des mesures durables pour se protéger des assauts de la mer. Pour les riverains, l’urgence est désormais de passer des solutions provisoires à de véritables dispositifs de protection du littoral, avant qu’une nouvelle forte houle ne vienne aggraver une situation déjà préoccupante.
Source : RTS


